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La censure pratiquée par Facebook à l’encontre de startups Françaises est-elle justifiée ?

Plusieurs startups de la FemTech et de la SexTech ont vu leurs comptes clôturés par Facebook ou Instagram pour cause de contenus déplacés, choquants ou inappropriés.

La fondatrice d’Elia Lingerie, Marion GOILAV, a témoigné qu’elle a perdu 60% de son chiffre d’affaires après la suppression de son compte par Facebook. En effet, c’est suite à la publication d’une culotte menstruelle de la marque en lien avec l’Institut Curie dans le cadre de la campagne Octobre Rose qualifié comme « à caractère pornographique » selon le réseau social. Malgré, plusieurs demandes et la possession d’un compte publicitaire de quelques centaines de milliers d’euros, Marion GOILAV n’a eu aucun retour.

Mais cette startup est loin d’être un cas isolé. En effet, de nombreuses autres startups dans le même secteur connaissent le même sort sur les réseaux Facebook et Instagram.

Elles sont sidérées d’être constamment suspendues sur les réseaux sociaux mais malheureusement ce sont des problèmes récurrents.

Kenza KELLER, fondatrice de la startup TALM, victime elle-aussi de ces censures a bien cru que son travail de réflexion de deux ans allait être ruiné.

En effet, le jour du lancement de la startup, la fondatrice a publié une vidéo de campagne avec des corps et de la peau. Le résultat ne c’est pas fait attendre : son compte Facebook et Instagram ont été suspendus pendant 30 mn. Effectivement, les algorithmes ont considéré sa vidéo inappropriée voire pornographique.

Ces entrepreneurs et entrepreneuses ne jouent pas à armes égales face aux grandes entreprises du numérique comme Facebook (devenu META).

En effet, le canal de distribution principal pour attirer, développer et fidéliser la clientèle de ces startups est le digital, notamment au travers des réseaux sociaux.

Autre exemple : Anne KERVEILLANT, fondatrice de My Lubie, une marque de bien-être sexuel.

La fondatrice reçoit régulièrement des avertissements des réseaux sociaux à l’instar de Facebook et Instagram, en menaçant de supprimer ses comptes si elle continue de partager des contenus sexo.

Dans ses publicités, la fondatrice est obligée de changer le nom de ses produits (lubrifiant par gel intime) par exemple pour qu’elles soient acceptées.

Pour ces réseaux sociaux, il n’est pas possible de publier du contenu sur le plaisir. Par contre, laisser les talibans vociférer sur Twitter au sujet des nouvelles contraintes imposées aux femmes dans leur pays, cela ne leur pose aucun souci.

Ce n’est seulement que depuis 2015, qu’Instagram a autorisé des photos d’allaitement et de cicatrices suite à des mastectomies.

Mais en réalité, ces contenus semblent encore être filtré affirme Amélie connu sous le pseudonyme de Tziganette autre exemple de startup victime de censure.

A chaque publication ou story retirée par Instagram, elle se retrouve dans l’ombre puisqu’elle n’a plus accès ni à ses hashtags qui lui permette d’être identifiée sur le réseau social par les internautes.

C’est une perte de visibilité immédiate.

Elle a aussi entrepris de faire appel de ces décisions jugées arbitraires, personne ne lui répond du côté du réseau.

Que ce soit Facebook ou Instagram, le réseau impose ses décisions sans possibilité de négociation ou de discussion.

Par exemple, Instagram proscrit toutes les publications où il y a de la nudité.

Comment ces startups peuvent-elles se développer et continuer leur activité si elles sont constamment suspendus sur les réseaux ?

Pour ces entrepreneuses et toutes celles et ceux qui sont concernés par ces censures, afin de ne pas perdre ce canal de communication vital pour les petites entreprises, la seule solution est de se plier aux règles de ces réseaux sociaux sous peine d’être évincé.

Est-ce normal, alors que l’on observe régulièrement des contenus sponsorisés de personnalités en string qui poussent à la sexualisation des jeunes filles ?

Ces entrepreneuses n’ont pas le choix que de faire de l’autocensure en faisant attention à ce que l’on ne voit pas certaines parties du corps. Malgré ces précautions, cela ne les empêche pas de voir leurs comptes « shadow ban » (être bloqué sans en être averti).

Pour être moins dépendantes des grands réseaux tels que Facebook ou Instagram, ces startups essaient de mettre en place d’autres leviers de communication (newsletters, podcasts, campagnes à destination de professionnels spécialisés, bouche-à-oreille) pour se rendre davantage visibles du public. Tous les moyens sont bons et il convient surtout être créatifs pour être ainsi moins dépendant de ces grands réseaux appliquant des règles arbitraires en matière de publication.

Mais qu’en est-il des vrais contenus inappropriés, haineux ou à visée pornographique qui ne sont pas censurés ?

Prenons l’exemple des talibans. En effet, Mark ZUCKERBERG affirme que les contenus publiés par les talibans ne sont pas acceptés et sont supprimés sur le réseau social Facebook depuis plusieurs années. En effet, toutes les publications des talibans ou du mouvement islamiste sont considérées comme des publications terroristes et sont donc bannis du réseau social. Des modérateurs spécialisés sur l’Afghanistan ont un rôle de surveillance et doivent repérer toutes les publications sur ce sujet. Ils parlent les langues maternelles du pays : le dari et le pachto afin de mieux repérer les besoins et les problèmes de modération.

Zabihullah Mujahid, le porte-parole des talibans a dénoncé les agissements de Facebook. il considère que le réseau social ne permet pas l’accès à toutes les informations avec des publications censurées telles que celles des talibans ou du mouvement islamiste en général.

Il en est de même sur le réseau social Instagram qui est la propriété de Facebook (Meta). Le responsable Adam MOSSERI affirme qu’aucune présence, célébration, promotion ou représentation des talibans n’est autorisée sur le réseau social.

Sur WhatsApp c’est plus compliqué de contrôler les publications (photos, vidéos) ou les messages car les communications sont chiffrées sur l’application.
Cela rend impossible l’accès aux contenus des discussions personnelles des utilisateurs. Cependant, s’ils ont connaissance d’une personne ou d’une organisation sanctionnée est présente sur WhatsApp, des mesures peuvent être prises.

On reste au conditionnel.


En effet, des lignes téléphoniques utilisées par les talibans ont déjà été supprimées. Ces lignes téléphoniques d’assistance servaient d’intermédiaires pour envoyer des messages d’assistance à la population dans le but de surveiller les faits et gestes des habitants en Afghanistan et plus précisément à KABOUL récemment.

Pour Twitter, c’est une autre affaire. En effet si l’ancien Président des Etats-Unis d’Amérique est banni du réseau social, les porte-paroles du mouvement islamiste peuvent encore s’exprimer librement.

Pourtant, dans les règles de modération de Twitter, il est bien spécifié que les organisations violentes ou terroristes ainsi que les groupes extrémistes violents n’ont pas leur place sur le réseau social Twitter.

En outre, le réseau social applique toujours sa politique de modération en ce qui concerne les publications violentes, les comportements abusifs et haineux, mais il n’a pas souhaité s’exprimer sur la question des comptes talibans.

Deux visions s’affrontent entre Facebook et Twitter : celle de l’interdiction formelle des comptés liés à une organisation terroriste et celle de l’intérêt public d’accès à l’information.

Facebook et Twitter ont annoncé qu’ils allaient renforcer la sécurité des comptes des utilisateurs afghans tels que les travailleurs humanitaires, les journalistes, les organisations de médias d’information ou encore les militants des droits de l’Homme. Ceci dans le but de protéger leurs voix et leurs identités.

De plus, Facebook a indiqué qu’il avait temporairement supprimé la possibilité de consulter ou de rechercher les listes d’amis des comptes en Afghanistan.

Quant à Twitter, ils ont développé une nouvelle fonctionnalité qui permet aux utilisateurs de verrouiller leurs comptes en un seul clic qui empêchent toutes personnes qui ne figurent pas dans la liste d’amis de télécharger ou partager des photos ou de voir les publications.

Enfin, des mesures de protection similaires ont été mises en place sur Instagram appartenant à Facebook.

Sources : Ici , ici , et et encore

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