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Faillite de la banque Swoon : Un amateurisme proche de l’escroquerie ?

Des centaines de clients ont été lésés par cette néo-banque lilloise Swoon suite à une offre commerciale très hasardeuse et une régulation inexistante. Le préjudice se chiffre en millions d’euros.

Swoon et ses promesses non tenues

En effet, Swoon a proposé une promesse d’un livret offrant un rendement à 3% et malheureusement beaucoup de clients ont été attirés par cette offre attractive et ont placé leurs économies à cette occasion.

Sauf, que l’entreprise Swoon a été placée en liquidation judiciaire le 26 juillet 2021. Les activités de Swoon Europe à destination des particuliers le ont été stoppées le 12 août 2021. Suite à cela s’est ajouté la fermeture du site internet, de l’application mobile et des comptes sur les réseaux sociaux. Le seul canal de communication accessible est l’email et la plupart des demandes pour récupérer les fonds placés sont restées en suspens.

Plus d’un million d’euros de préjudice

Entre 100 et 200 clients peinent toujours à récupérer leurs économies dont le préjudice serait évaluer à plus d’un million d’euros. Ce sont donc des quantités qui sont loin d’être négligeables.

Un contexte frauduleux

L’association, France Conso Banque centralise les témoignages des clients et se prépare à engager une action judiciaire contre les dirigeants et gestionnaires de SWOON dont le contexte est nettement frauduleux.

Crowfunding sauvage avec les dépôts des épargnants

Michel GUILLAUD, le Président de l’association a indiqué à BFM Business que Swoon a réalisé une sorte crowdfunding sauvage déguisé sous la forme de crédits aux PME abonnés par les dépôts des épargnants.

La ligne directrice de Swoon était de prêter le plus possible aux entreprises pour rentabiliser à 3% les dépôts effectués par les épargnants. Quant aux prêts, ils atteignaient 85% des fonds collectés, ce n’était donc pas tenable dans le temps. Concernant le taux de crédit de 5% pour les entreprises, il ne laissait aucune marge de manoeuvre en cas de défaillance. Pour que ce modèle tienne dans le temps il aurait fallu sans cesse de nouveaux clients pour ainsi compenser les défauts, financer les intérêts et rembourser ceux qui sortent. On est proche d’une pyramide de Ponzi.

En résumé, des objectifs surréalistes dans la réalité, et un système tel qu’il était imaginé par les dirigeants de Swoon, assurément voué à l’échec.

Aucun agrément, aucune garantie financière

L’ACPR (l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) qui est l’organe de supervision français de la banque et de l’assurance n’ont jamais délivré d’agrément ni à Swoon ni à la Financière de Garantie l’entité qui prêtait de l’argent aux entreprises. L’ACPR indique n’avoir jamais été sollicitée à ce sujet alors que le créateur Quentin HADDOUCHE que Swoon avait bel et bien un agrément, ce qui est FAUX. Ceci n’était donc qu’une manoeuvre dans l’objectif de rassurer de potentiels clients ou épargnants.

Violation du RGPD

Swoon n’avait pas non plus l’autorisation de collecter des données financières ce qui est contraire au RGPD. Swoon n’avait pas non plus l’autorisation d’exercer les activités d’une banque : établir des livrets, ou prêter aux entreprises.

Comment Swoon a-t-elle pu exercer une activité illégale ?

Il existe des agents ou mandataires intermédiaires qui s’occupent de l’inscription en tant qu’établissement de paiement auprès de l’ACPR, notamment pour la bonne information du public mais ceci n’est en rien un agrément. Cependant, cela permet quand même à certains entrepreneurs, à l’instar des dirigeants de Swoon, d’exercer une activité de bancaire en toute illégalité. En outre, il est légitime de se questionner sur les rôles de régulation et de contrôle des autorités quand on voit le pitoyable résultat de ce dossier. L’ACPR a donc failli dans son rôle de surveillance.

Swoon et Financière de Garantie ont été enregistrées comme agent et mandataire de deux établissements de paiement ce qui a créé la confusion chez leurs clients qui ont considéré, à tort, cela comme un agrément.

Aucune autorisation légale pour recueillir les fonds des déposants

Ils ne pouvaient donc pas commercialiser des produits d’épargne mais seulement des prestations service de paiement.  Les particuliers, victimes de cette escroquerie, ont donc confié leurs économies à Swoon qui n’avait aucune qualité légale pour recueillir leurs fonds.

La réponse de l’ACPR quant à cette affaire est étonnante. En effet, pour eux, si la banque n’a pas d’agrément il n’y alors pas de contrôle et c’est aux consommateurs de bien étudier les offres proposées et ne pas se faire avoir avec des offres trop alléchantes.

Selon France Conso Banque, ce défaut de contrôle doit cesser. En outre, il faudrait accentuer la surveillance de l’émergence de ces nouveaux acteurs qui déjouent les autorités et les règles prudentielles.

L’association France Conso Banque, lance également une action judiciaire à l’encontre de l’ACPR qui, selon elle, n’a pas joué son rôle de gendarmes des banques.

Concernant l’action contre SWOON elle se portera partie civile, à l’instar de la procédure qu’elle avait initié contre la BNP sur les crédits immobiliers en francs suisses. Cependant, cela prendra du temps avec la multiplication des parties prenantes dans cette affaire.

Il s’agira d’une action collective conjointe afin de rassembler l’ensemble des victimes dans une procédure commune ce qui permettra de mutualiser les coûts.

L’espoir de retrouver les fonds pour les particuliers est proche de zéro.

Sources utilisées : Ici et et encore

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